Sunday, May 06, 2007

Quelques leçons du second tour des présidentielles

Sur la foi des sondages concordants, il semble bien que Sarkozy sera élu ce soir Président de la République et que sa marge de victoire sera plutôt confortable. Ayant attentivement suivi les péripéties du second tour, je pense que l’on peut d’ores et déjà en tirer quelques leçons :

  1. Pas plus qu’au premier tour, l’excès de l’agressivité envers Nicholas Sarkozy et sa diabolisation ne sont avérés guère payants. Au contraire, ils peuvent se retourner contre ceux qui cherchent à les attiser. A cet égard, la forte chute dans les sondages de Ségolène Royal après le débat de mercredi le 2 mai est très instructive.
  2. Comme lors du référendum sur la « constitution »européenne, les Français ont fait preuve non seulement d’un grand intérêt pour la chose politique mais aussi d’une saine appréciation de la réalité. Ainsi, ils n’ont guère été dupes des manœuvres opportunistes entre François Bayrou et Ségolène en vue d’une improbable alliance pour barrer la route à Sarkozy. Plus généralement, ils apparaissent baser leurs choix sur une appréciation équilibrée non seulement de la personnalité du candidat (ou de la candidate) et de son programme mais aussi de la cohérence entre ceux-ci et la base électorale des candidats. En effet, c’est cette cohérence qui assure leur crédibilité d’ensemble. A cet égard, Ségolène Royal souffre d’un handicap certain, compte tenu de l’écart entre les valeurs fondamentales du Parti socialiste et les penchants sécuritaires de la candidate.
  3. Après plusieurs années d’exode linguistico-médiatique, le terme de la droite est revenu au premier plan de la scène politique. Non seulement, Nicholas Sarkozy affirme haut et fort son affiliation à droite, mais au Parti Socialiste, derrière les discussions avec François Bayrou, soutenues par quelques dirigeants du Parti, se profile la question de l’inévitable évolution vers la social démocratie à l’anglaise ou à l’allemande.
  4. Nicholas Sarkozy est à droite mais il n’est certainement pas libéral. Il ne fait guère confiance au marché et n’accepte la globalisation que du bout des lèvres. Son programme inclut des mesures protectionnistes (qui auront du mal à être approuvées par l’Union européenne) et est fortement teinté du populisme. Ceci dit la caractéristique première du candidat est son pragmatisme et sa capacité impressionnante de mobiliser les ressources à sa disposition pour obtenir des résultats concrets et affichés à l’avance, tel le plein emploi à la fin de son quinquennat. Jusqu’à maintenant, il a réussi à séduire un grand nombre (probablement la majorité) des électeurs. Reste à voir comment va-t-il réussir la transition à la fonction, qui dans le système français, est la fonction suprême.

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